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Quinzaine de la solidarité internationale 2024 - La construction de la paix

L'édition 2024 de la Quinzaine sera consacrée à la construction de la paix.

Elle aura lieu du Samedi 28 septembre au Samedi 12 octobre.

La soirée d'ouverture aura, quant à elle, lieu le mercredi 25 septembre à l'Hôtel de Ville. 

Plus d'informations suivront bientôt, et le programme complet sera disponible sur le site le 26 août

En attendant, voici la vision de la Ville pour le développement de la thématique durant le festival

 La construction de la paix

La Quinzaine de la Solidarité internationale de la Ville de Bruxelles est consacrée cette année 2024 à la construction de la paix.

En effet, la période actuelle est marquée par le démarrage de nouveaux conflits armés dans des territoires très proches de l’Europe ainsi que la persistance dans le temps de conflits dans le monde entier dont l’intensité fluctue mais qui ne s’apaisent pas. Ces conflits continuent donc de provoquer des victimes civiles, des situations d’exil, d’accentuer l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire. On peut notamment citer les conflits en Ukraine, en Palestine, au Yémen, en Syrie, au Nigeria, au Burkina Faso, au Soudan, dans l’Est de la RDC et en Somalie. 

Il était donc important au regard de l’actualité de consacrer une édition de la Quinzaine à la thématique de la construction de la paix. On peut la définir comme « l’ensemble des initiatives prises par des gouvernements et la société civile pour s’attaquer aux causes profondes de la violence et protéger les civils avant, pendant et après un conflit violent »[1]. Il s’agit donc d’un concept beaucoup plus large et inclusif que des négociations de paix entre différentes factions armées se disputant un pouvoir politique, un territoire ou une ressource. 

Ce processus de construction de la paix vise à créer avec les populations un socle solide sur lequel ils peuvent établir une société juste et durable. Cette société sera résiliente dans la durée car établie sur une base participative, en prenant en compte toutes les dimensions nécessaires au vivre-ensemble : culturelle, spirituelle, économique, politique, sociale & militaire[2].

Cela rejoint également l’ODD 16[3] « Paix, Justice et Institution efficaces » et ses différentes cibles, notamment les suivantes :

  • 16.1   Réduire nettement, partout dans le monde, toutes les formes de violence et les taux de mortalité qui y sont associés
  • 16.2   Mettre un terme à la maltraitance, à l’exploitation et à la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants
  • 16.3   Promouvoir l’état de droit aux niveaux national et international et donner à tous accès à la justice dans des conditions d’égalité

L’atteinte de ses cibles passe forcément par une approche systémique dans la réflexion autour de la dynamique des conflits. On peut notamment évoquer les ressources naturelles, qui sont très souvent l’objet de conflits et pour lesquelles on doit également maintenant intégrer une dimension de durabilité dans la gestion / le partage. Le changement climatique est également un facteur aggravant supplémentaire, impactant l’économie et générant des conflits sociaux, qui peuvent à leur tour devenir des conflits armés. 

Tout est étroitement lié et la construction de la paix doit intégrer ces dimensions pour s’établir de façon efficace et durable.

A Bruxelles, de nombreuses associations, notamment de diasporas mais pas que, sont actives dans le soutien aux civils enclavés dans des zones de conflits. Au-delà d’un soutien humanitaire, qui, bien que répondant à des besoins urgents et impératifs, n’apporte pas de solutions structurelles à long terme, la Quinzaine de la Solidarité internationale sera l’occasion de réfléchir à des processus situés entre l’humanitaire et le développement, visant une transition entre une zone de conflit et une zone de paix durable, construite sur des bases solides et résilientes. 

Bien que la construction de la paix ne soit pas uniquement liée à la nature des régimes qui gouvernent les Etats, un pouvoir basé sur la force ne peut jamais tenir à long terme[4]. Il est donc également primordial de prendre en compte les processus démocratiques électoraux, leur légitimité ainsi que l’égalité des citoyens face au pouvoir central d’un Etat, peu importe les zones où ils habitent. On constate en effet que des conflits perdurent dans le temps dans des zones éloignées des pouvoirs centraux situés à la capitale, dans des grands Etats comme le Nigeria et la RDC.

La construction de la paix se constitue de 4 grandes approches[5] complémentaires :

  • L’engagement non-violent dans les conflits : diplomatie, aide humanitaire, plaidoyer pour les droits humains, la justice sociale, mise en place des conditions pour les négociations de paix et le dialogue
  • La réduction directe de la violence : destinée à réduire la souffrance immédiate des victimes via les interventions militaires, la préparation et la signature des accords de paix, programmes d’alerte précoce
  • La transformation pacifiée et réconciliatrice des relations : donner l’opportunité aux victimes de violence de trouver réparation et viser la guérison des traumatismes liés aux conflits (justice restauratrice et transitoire, travail de mémoire)
  • Le renforcement des capacités : en visant d’une part une bonne gouvernance dans la sécurité et la justice mais également via l’éducation à la citoyenneté et la lutte contre la pauvreté, la cohésion sociale. 

Cependant, des questions sont encore en suspens. Est-ce que la nouvelle approche européenne de la gestion des conflits à long terme via le triple nexus humanitaire-développement-paix est une solution qui va porter ses fruits[6] ? Bien que permettant de rapprocher les secteurs du développement et de l’aide humanitaire, initié par le fait que les populations ne vivent pas des besoins qui passent d’un coup de l’un à l’autre mais que ces 

deux approches doivent être portées par des acteurs concertés entre eux et dans des interventions continues plutôt que segmentées, qu’en est-il de la paix ? 

La crainte est en effet importante que les acteurs militaires soient trop présents dans les interventions humanitaires et que ces dernières perdent leur neutralité et indépendance. Il a toujours été primordial que les acteurs humanitaires représentent aux yeux des civils touchés par des conflits, des acteurs déliés des pouvoirs politiques.

Toutes ces évolutions récentes ont modifié la vision actuelle de la mise en place de la paix.

La Quinzaine de la Solidarité internationale sera donc l’occasion de réfléchir aux questions suivantes :

  • Comment trouver des nouvelles approches pour construire la paix dans les conflits qui persistent depuis des années ?
  • Comment impliquer la société civile dans des discussions pour construire une paix durable ?
  • Comment anticiper les conflits et maintenir la paix avec le contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources ? 
  • Comment agir d’ici à Bruxelles en faveur de la paix ?
  • Comment s’articule la construction de la paix aujourd’hui, après le constat depuis des décennies que les approches portées seulement par les états n’ont que peu de résultats ? 

Exil et Résistances // Ateliers, Conférence, Débat, Exposition, Jeunesse - Scolaire, Musique, Projection, Spectacle, Théâtre
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